Michel Weill, engagé dans l’association ETRE ADEPAPE depuis plusieurs années, a répondu à nos questions. Il est un membre actif, notamment dans l’accompagnement scolaire des jeunes.
1. Comment a débuté votre engagement à l’ADEPAPE ?
En écoutant ma femme très tôt placée dans une famille d’accueil me parler de son enfance et de son adolescence. En écoutant ensuite des adhérents de l’ADEPAPE rencontrés à Montpellier puis à Albi. En devenant enfin membre associé de l’ADEPAPE 81.
2. Quelle(s) mission(s) exercez-vous au sein de l’association ?
Je propose un accompagnement scolaire à des jeunes qui ont compris que travail et études sont un des moyens sûrs d’avoir un emploi correctement rémunéré, de développer la confiance en soi et la capacité à résoudre des problèmes, de rencontrer des personnes de divers horizons, de rester à jour dans un monde très changeant.
3. Qui sont les jeunes que vous avez accompagnés ? Quel âge ont-ils ? Quelles formations suivent-ils ?
La quasi-totalité des jeunes accompagnés, en majorité de garçons, sont venus mineurs en France. Ils sont passés par le collège puis le lycée, ou ils ont suivi une formation délivrant un CAP. Nos rencontres individuelles de 1 heure à 4 heures par semaine – pour les plus motivés ! – durent parfois plusieurs années. Jusqu’à l’obtention d’un CAP ou d’un Bac Pro.
4. Si un jeune se met à douter, à perdre confiance, que lui dites-vous ?
Les jeunes, comme les adultes et les vieux, peuvent douter et perdre confiance en eux. Mais, ressentis par des jeunes qui, par définition, ont de la vie une expérience courte et difficile, ces sentiments ont immédiatement des conséquences négatives sur leur vie quotidienne. Écouter, dédramatiser, expliquer, discuter d’autre chose, prendre le temps, constater les progrès accomplis et le chemin parcouru, envisager divers futurs possibles peut permettre, parfois avec un peu d’humour, de mettre à distance ces légitimes moments de déprime.
5. Vous avez accompagné de nombreux jeunes. Pourriez-vous partager un souvenir qui vous est cher ?
Je suis heureux d’être encore en contact avec quelques garçons et filles qui sont aujourd’hui salariés, contents de leur vie et de leur travail, ou qui sont en BTS et qui, parfois, envisagent d’aller en bachelor, licence ou master.
6. Cette interview sera peut-être l’occasion pour un jeune confié ou un ancien jeune confié de découvrir l’ADEPAPE. Que lui diriez-vous s’il ou elle était en face de vous maintenant ?
Une personne sans soutien familial a dû apprendre à se battre. Je lui dirais d’abord qu’elle ne doit pas ignorer sa chance d’avoir compris très tôt ce que beaucoup ne comprendront peut-être jamais. Quelques exemples : elle repère assez vite les personnes de confiance. Elle sait qu’elle doit apprendre à faire la différence entre sa défiance – compréhensible – laquelle fait qu’elle ne se fie qu’avec précaution (elle craint d’être trompée) et la méfiance qui fait qu’elle ne se fie pas du tout, avec pour tragique conséquence qu’elle ne pourra avoir de relations saines avec quiconque car elle pense qu’elle sera toujours trompée. Elle sait hiérarchiser et traiter ses problèmes quotidiens par ordre d’importance.
Je dirais enfin à cette personne que le travail, les études – que l’on peut commencer ou continuer à tout âge –les connaissances et même le bénévolat, par exemple dans une des 76 ADEPAPE, constituent des portes d’entrée vers une vie riche et intéressante dans une société où elle a toute sa place.



